Extrait d'une interview pour « Art Limited » 

 

 

 

 Quand et comment avez-vous commencé à créer ?

J'ai eu la chance de naitre et de grandir au pied du Mont Blanc et lorsque l'on est adolescent à Chamonix on aime, on pratique naturellement la haute montagne et on commence à vouloir partager avec ceux qui n'ont pas ou la capacité physique ou simplement l'envie de monter en altitude, les images spectaculaires qu'offrent les paysages que l'on y rencontre. Ma mère m'avait prêté, alors que nous étions en Savoie et que je devais avais avoir 7 ou 8 ans, son appareil photo, un 4x6,5 N.Gabry de la fin des années 30 avec lequel j'allais faire ma première image dont j'ai encore le souvenir à défaut du tirage par contact qui était le standard de la photographie amateur dans les années 50/60 . Photo assez bien réussie des restes d'une tour du château de Chantemerle non loin d'Albertville. C'est ainsi que j'ai commencé à faire partager à mon entourage familial, bien évidemment émerveillé par "les oeuvres du petit" , ma vision de paysages qui, pourtant proches, leurs étaient inconnus. A Chamonix le discours était différent et l'amateur s'avérait plus exigent que le parent car les beaux paysages de haute montagne ne m'avaient pas attendu pour servir de modèles aux excellents photographes de la haute vallée et les familles Tairraz ou Gay Couttet avaient déjà réalisées des images extraordinaires de cette haute montagne où ils passaient leur vie depuis plusieurs générations, avant même la naissance de la photographie. J'en prenais rapidement conscience et jetais rapidement l'éponge après le gant, les moufles plus exactement car nous ne jouions pas dans la même cour et essayer de faire mieux qu'eux était aussi prétentieusement idiot que difficilement réalisable. J'ai donc abandonné la photographie "carte postale" de notre haute montagne et me suis dirigé vers d'autres domaines, la nature-morte, le nu féminin et le portrait qui par la suite sont devenus mes sujets préférés.

 

 

 Est-ce une pratique professionnelle ou personnelle ?

J'ai le statut de photographe professionnel mais je dois dire que je suis un professionnel assez particulier car je n'accepte de faire que ce qui me plait et refuse aussi bien les travaux où seule ma compétence technique est recherchée que les nus ou portraits de gens avec qui je n'ai pas de feeling. Attention cela est " à priori" car je ne déteste pas l'argent et j'éprouve même un certain plaisir à le dépenser; de ce fait si la prestation que l'on me commande est très bien rémunérée je cède souvent à la raison et tente de rendre le plus agréable possible les prises de vues qui me sont demandées. Mis à part ces travaux de commande, je fais prioritairement les images qui me plaisent et que j'ai envie de montrer soit en galerie soit à l'occasion d'expositions et d'évènements dédiés à la photographie.

 

 

 Comment avez-vous appris et travaillé votre technique ?

J'ai passé un CAP de photographe à la fin des années 60, à une époque où la chose qui n'était pas si facile à obtenir avait encore une certaine valeur mais avant et plus que tout je lis et regarde ce que font ou ont fait les autres, peintres, graveurs, photographes etc. en cherchant à comprendre pourquoi certaines images fonctionnent et d'autres non. Je décortique et copie ensuite celles qui me plaisent jusqu'à en maitriser la technique sans autre but que de comprendre, d'apprendre de me perfectionner. La technique est à mon avis importante car c'est elle qui permet de savoir ce que l'on ne peux pas faire avec les moyens dont on dispose ou tout simplement qui existent aujourd'hui et de pouvoir l'expliquer à un client. Mais attention ! si maitriser la technique est capital cela ne doit pas être un but, Le but. Il faut simplement que cette maitrise nous permette de réaliser au mieux en fonction des outils dont nous disposons, l'image que nous voulons créer, sachant que la chose la plus importante c'est avant tout, comme le disait Ansel Adams, de visualiser l'image finale et de la composer pour qu'elle fonctionne et transmette la beauté que nous y voyons et l'émotion qu'elle nous fait ressentir.

 

 

 Qu'appréciez-vous dans ce moyen d'expression ?

La possibilité qu'il m'offre de coucher sur un beau support une image que j'ai en tête afin de pouvoir la montrer et la partager.

 

 

 Quels sont les thèmes que vous préférez aborder ?

Je maîtrise un peu la lumière et j'ai d'ailleurs écrit quelques livres qui traitent de ce sujet, livres qui m'ont été commandé par les Editions Pearson et que l'on peut facilement trouver en librairie ou sur le net. Je fais beaucoup de nu, de portrait et de nature morte en studio parce que se sont les sujets le plus recherchés en workshop ou Master-class. Mais j'aime et pratique tout en photographie, il suffit d'un objet, d'un visage qui me semble beau ou intéressant, d'une lumière qui mette en valeur un sujet et attire mon attention pour que j'arrête tout et que je photographie ce qui m'a séduit. Surtout si c'est une lumière du jour car elle change avec une rapidité extraordinaire et il ne faut pas perdre une seconde pour fixer l'image de ce qu'elle éclaire. Pour 5 ou 10 minutes d'hésitation on peut perdre définitivement, la magie d'un rayon de soleil qui perce un nuage.

 

 

Comment préparez-vous une réalisation ?

Il n'y a pas de règle, mais une fois que j'ai déterminé le type de matériel le plus adapté à la bonne réalisation de la demande du client ou de l'exploitation que je veux faire de l'image je vide un coin du studio et y dépose tout ce qui va me servir. matériel de prise de vue, du 24x36 au 4x5 ou 20x25, objectifs, cellules, flashs etc. et surtout piles et batteries en surnombre pour tout ce qui fonctionne avec celles-ci. Si les pdv sont en studio cela pose peu de problème car on peut tout y faire. Si c'est de l'extérieur v'est plus compliqué et cela demande plus d'attention, aussi je repère les lieux, regarde la météo, étudie les lumières, les possibilité d'alimentation électrique, l'utilité d'un groupe électrogène, les parkings etc. et m'inquiète surtout des autorisations qui pourraient s'avérer nécessaires. J'ai des check-list de matériel pour chaque type de prise de vues qui sont bien utiles et me permettent d'attaquer les séances en me concentrant pleinement sur la réalisation de l'image sans avoir à penser au matériel.

 

 

 Quel(s) moment(s) préférez-vous dans la réalisation ?

Le moment magique où je sais en entendant l'obturateur se fermer que j'ai réussi à faire l'image que je voulais.

 

 

 Quelles sont vos créations qui vous représenteraient le plus ? 

Aujourd'hui se sont des natures mortes minimalistes. Hier c'était autre chose, demain se sera probablement autre chose

 

 

Que cherchez-vous à partager au travers de votre expression artistique ?

Ma vision d'un sujet et le plaisir que me procure son image.

 

 

Quels sont les artistes qui vous fascinent et inspirent ? (liens)

Picasso, Morandi, Modigliani, Sieff, Irwing Penn, Mapplethorpe, Rodin, Verdi

 

 

 Quel équipement et/ou technique utilisez-vous ?

Je ne vends pratiquement jamais mes appareil et comme j'en achète pas mal et depuis longtemps j'ai la chance de pouvoir disposer de l' équipement idéal pour chaque type de prise de vue et Je passe sans état d'âme de l'Iphone au Nikon D2 ou D3, du Blad à la Linhof 4x5 ou à la Cambo Wide ou du pola dans tous ses formats jusqu'à à la Sinar P 20x25. Soit dit en passant si je ne vends pas il m'arrive fréquemment de prêter et si l'un de ces appareils vous fait défaut dans le cadre d'un projet où son utilisation serait idéale, n'hésitez pas à m'en parler.

 

 

 Pourquoi et comment votre travail a-t-il évolué au fil du temps ?

En dehors de l'évolution liée aux performances du matériel et au confort que le numérique à apporté à la création d'images en en facilitant la réalisation technique , tant à la prise de vue qu'au laboratoire argentique ou numérique, je pense que le gout s'affirme plus qu'il ne change au fil du temps. Visiter les expositions de peinture, de photographie, de gravure et pas obligatoirement celles dont on aime irraisonnablement les auteurs est un bon moyen de progresser en augmentant sa culture de l'image. Par ailleurs je suis attentif à ce qui se dit sur mes images lorsque l'on ne sait pas que j'en suis l'auteur, que se soit en live lors d'expositions ou sur Internet car ces compliments ou critiques spontanés sont plus sincères que lorsque j'échange en qualité d'auteur. J'ajouterais que sans être particulièrement masochiste je préfère la mauvaise à la bonne critique. La mauvaise, celle faite bien souvent par un photographe bardé de matériel qui pérore devant son ou ses ami(e)s en expliquant qu'il est capable de faire mieux, qu'il fait les mêmes choses, que c'est facile, que c'est mal fait, mal tiré etc. est souvent intéressante car tout ce qu'il dit avec un aplomb et parfois une méchanceté remarquable n'est pas obligatoirement idiot ou faux et souvent, sans le savoir, il met en évidence un point effectivement perfectible. Je ne manque jamais de tenir compte de ces remarques lors d'autres prises de vue. C'est ma façon de progresser, il y en a probablement mille autres

 Qu'attendez-vous d'un site comme Art Limited ?

Art Limited est un lieu qui regorge d'images extraordinaires, un grand et beau livre en quelque sorte que l'on peut feuilleter partout depuis que Steve Jobs nous à offert l' Ipad et ouvert la voie à d'autres créateurs de cet outil. Pour moi qui aime pourtant et collectionne les livres papier sur la photo, Art Limited est le plus merveilleux des livres car il est magique : Le nombre de ses pages et avec celles-ci le nombre des oeuvres qu'il contient augmente chaque jour. Oui mais me dit-on avoir un tirage sous les yeux c'est autre chose que de voir une image sur un écran ! Pas pour moi, ce qui m'intéresse dans une photo c'est l'émotion qu'elle me fait ressentir pas la qualité du support sur lequel elle a été tirée. 

 

 

Quels sont vos plans pour le futur ?

 

Photographier, Exposer, vendre. Le tout encore plus. Pourquoi j'attache cette importance aux ventes ? parce-que le plus grand compliment que l'on me fait c'est d'acheter mes images. Dire que c'est beau est une chose qui peut n'être qu'une simple flatterie, payer le droit d'emporter une image que l'on veut exposer chez soi ou offrir à un ou une amie est pour moi la preuve univoque que l'on aime ce que je fais.

 

 

 Qu'aimeriez-vous dire de plus ?

 

1° - Ne dites pas en montrant une de vos images : j'aurais voulu ... jetez l'image que vous-même jugez imparfaite, refaite-la et ne revenez la montrer que lorsque vous l'aurez réalisée à votre goût. Quel qu'il soit. Le contenu d'une image, son sujet, sa composition, son traitement est personnel et seule une éventuelle carence dans sa réalisation technique est critiquable

2° - Il y a toujours un fond de vérité, un enseignement à retirer d'une critique négative voire hargneuse, bête et méchante faite anonymement sur le net. Une fois passé l'évident déplaisir à lire les écrits d'un internaute au pseudo fantaisiste qui vous déteste au point de perdre du temps à le dire, analysez son propos car il se peut et il n'est pas rare que son auteur attire, sans aucune volonté de vous faire plaisir, votre attention sur un point effectivement perfectible soit de l'image soit de votre façon de l'aborder.

 

 

 


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